le Vendredi 29 août 2025
le Vendredi 29 août 2025 13:17 Arts et culture

Une culture rassembleuse des sports jusqu’aux arts

S’il fallait que le Pavillon Francophone reste dans une place, il a partagé l’espace avec plusieurs événements qui mettaient la Francophonie en vedette. De gauche à droite: Valérie Saltel (Horizon TNL), Olasade Joane (Association communautaire francophone de Saint-Jean), Liz Fagan (Jeux du Canada), Isabelle Landry-Sonier (Commissariat aux langues officielles) et Martin Chiasson (bénévole, Jeux du Canada). — John Babb
S’il fallait que le Pavillon Francophone reste dans une place, il a partagé l’espace avec plusieurs événements qui mettaient la Francophonie en vedette. De gauche à droite: Valérie Saltel (Horizon TNL), Olasade Joane (Association communautaire francophone de Saint-Jean), Liz Fagan (Jeux du Canada), Isabelle Landry-Sonier (Commissariat aux langues officielles) et Martin Chiasson (bénévole, Jeux du Canada).
John Babb
Après que le vent terre-neuvien a fait s'envoler la tente mobile francophone des Jeux du Canada, c'est au Centre du congrès à St. John's où la francophonie s'est ancrée. Retour sur les activités du Pavillon francophone.
Une culture rassembleuse des sports jusqu’aux arts
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Du 8 au 25 août, les Jeux du Canada rassemblaient des milliers d’athlètes et de spectateurs des quatre coins du Canada aux complexes sportifs de St. John’s pour regarder les épreuves de sports. Les arts et la culture ne sont pas pourtant assis sur le banc en août, car CelebrateNL a organisé le festival ARTA VISTA en parallèle avec les Jeux. La langue française, quant à elle? À plein volume sur scène et chez le Pavillon francophone.

Un pavillon pour tous

Sous une tente, le Pavillon était censé bouger à différents événements des Jeux, mais les vents forts l’ont détruite. «Malgré nos efforts, elle s’est envolée», explique Liz Fagan, qui coordonne les langues officielles au sein des Jeux. «Et puis la tente ne marche plus – elle a subi des dommages.»

À l’esprit sportif, l’équipe organisatrice n’a pas abandonné son défi et a passé le reste des Jeux sous l’abri du Centre de Congrès, au centre-ville de la capitale.

Le Pavillon Francophone a rassemblé des organismes francophones locaux et fédéraux pour sensibiliser le public à la langue minoritaire. Accueillant le public avec un rouet, des prix, et des cartes informatiques, c’est ici que les visiteurs ont trouvé des épinglettes bilingues reliées aux Jeux.

«Il est important que ces événements renforcent la visibilité et la vitalité des deux langues officielles, tout en créant un espace d’échanges et de rencontres où chacun peut se sentir chez soi», dit par courriel le Commissaire aux langues officielles du Canada, Raymond Théberge.

Murale interactive francophone menée par Anastasia Tiller avec des contributions du public.

Jessica Tucker

Projet mené par l’artiste Anastasia Tiller, du 19 au 22 août, une murale interactive francophone s’est aussi installée dans le foyer du Congrès. Avec plusieurs tableaux dépeignant des paysages terre-neuviens et labradoriens en haut, et, en bas, des contributions du public inspirées par des thèmes comme l’amitié et la collaboration, la murale représente le paysage culturel de la province.

Elle note que «ça représente aussi l’esprit de la francophonie à Terre-Neuve-et-Labrador, que nous sommes un peu partout. C’est une tapisserie culturelle très riche, très intéressante».

Alors que des athlètes francophones et leurs proches ont afflué à St. John’s pour les Jeux du Canada, plusieurs étaient ravis des occasions de profiter du Pavillon francophone. Malgré l’immobilité du Pavillon, selon Liz Fagan, «la réception était très bonne.»

«On a eu énormément de personnes d’expression française, on a eu des anglophones qui voulaient pratiquer le français, on a eu des francophones qui n’attendaient pas du tout à voir un public francophone à Terre-Neuve. C’était vraiment très, très bien.»

Vibrations musicales

Présenté par Celebrate NL un peu partout dans la ville lors des Jeux, le festival ARTA VISTA a mis l’accent sur les productions multiculturelles du 10 au 24 août. Tant au Centre de congrès et à côté des activités du Pavillon qu’ailleurs, la musique francophone n’était aucune exception. 

Deux musiciens francophones ont été présentés au festival en partenariat avec le St. John’s African Roots Festival (SARFest): Zal Sissokho et Zale Seck. Le festival de Paradise, Sunsplash Cultural Festival, a aussi accueilli Beauxmont, groupe acadien du Nouveau-Brunswick, en collaboration avec ARTA VISTA.

D’origine sénégalaise et aujourd’hui basé à Montréal, Zal Sissokho s’est présenté au Centre du Congrès le 13 août. L’artiste y jouait de la kora, un instrument traditionnel de l’Afrique de l’Ouest qu’il avait appris de son père, dans le cadre d’une transmission traditionnelle du savoir musical qui se perpétue dans sa famille depuis le 10e siècle. Pour l’instrumentiste, c’était «un plaisir» à jouer ce jour-ci, «pour pouvoir venir donner ma contribution, ma participation dans ce bel événement qui rassemble beaucoup la jeunesse.»

Ce jour-là, le musicien terre-neuvien Adrian House a également pris la scène et a interprété des chansons de son album intitulé Pêcheur des Rêves. «C’est vraiment un honneur de jouer […] et de chanter en français [et] de représenter un petit peu la communauté francophone de St. John’s», dit-il.

Proposer des événements en arts et cultures en français au fil des Jeux du Canada «est très important», dit Liz Fagan, qui estime que «une langue ne se parle pas juste en vie, la langue […] peut prendre plusieurs voies, soit par la musique, ou la cuisine, la gastronomie, ce genre de chose.»

«Le fait que la musique nous réunit, ça fait aussi très caractéristique des Terre-Neuviens et Labradoriens. Donc je trouve que le programme culturel, c’est incontournable, qu’on implique les communautés musicales et artistiques. Ça fait partie de la francophonie aussi.»