le Jeudi 6 août 2026
le Jeudi 6 août 2026 12:27 Musique

Des Chants d’amour au Sound Symposium

«Chants d’amour» a été initialement conçu comme un projet sur vidéo pendant la pandémie. En 2022, Laurence et Kaminer l’ont adapté pour un spectacle live. — Sundar Subramanian
«Chants d’amour» a été initialement conçu comme un projet sur vidéo pendant la pandémie. En 2022, Laurence et Kaminer l’ont adapté pour un spectacle live.
Sundar Subramanian

Le 18 juillet dernier, dans le cadre du festival Sound Symposium, l’artiste montréalaise An Laurence a présenté une performance multimédia de la composition «Chants d’amour» du compositeur Elischa Kaminer, un Allemand installé au Royaume-Uni.

Des Chants d’amour au Sound Symposium
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Dans le morceau, décrit par les artistes comme «une pièce onirique musico-poétique pour guitare et électroniques de 60 minutes», An Laurence lit quelques textes accompagnés d’une bande sonore enregistrée et d’une vidéo tout en présentant à son public de la chorégraphie contemporaine, des vocalisations et des parties de guitare classique et électrique qu’elle a jouée live. Alors qu’elle avait enregistré toutes les parties pour la voix et la guitare entendues sur la bande sonore, Kaminer avait ajouté quelques parties de synthétiseur et avait effectué le montage. Tous les textes sur la vidéo sont normalement lus en français, mais quelques-uns sont lus en anglais quand la pièce est interprétée dans une ville anglophone.

«Elisha, c’est quelqu’un qui travaille beaucoup avec les contrastes, l’intensité», dit en entrevue An Laurence, en ajoutant que son œuvre est «très, très émotive». 

Ces priorités esthétiques étaient évidentes lors du spectacle, où la salle est passée de la noirceur à une lumière vive. Semblablement, la bande sonore est passée des passages doux acoustiques aux passages fortissimo saturés de bruit électronique. À certains moments, un écran noir affichait quelques mots; et à d’autres, on assistait à une succession d’images lumineuses changeant à grande vitesse.

«Il y avait cette notion-là de désir que je voulais transmettre dans la pièce [que] j’avais dit [au compositeur] au début», explique An Laurence. Cette notion s’exprime le plus clairement dans le cinquième mouvement «Chant d’amour», où Laurence déclare «je veux» à plusieurs reprises, en ajoutant à chaque fois quelque chose qu’on pourrait désirer: une bicyclette, de l’indépendance, des enfants, de la crème glacée. Qu’on passe directement des désirs sérieux et essentiels aux vœux insignifiants reflète de manière amusante la nature chaotique de nos pensées et rêves.

Francophone, Laurence se rappelle qu’il y a dix ans, elle est devenue à l’aise en anglais en travaillant à Toronto. «Chaque langue te donne un accès à de différentes cultures, modes de penser, types d’art aussi… si je ne parlais pas anglais, c’est sûr – il y aurait plein de collaborations auxquelles je n’aurais pas eu accès». 

Le 18 juillet dernier, le public de St. John’s a pu découvrir un exemple frappant et créatif de ces collaborations.

Un public assez nombreux s’est confortablement installé en cette belle soirée dans la LSPU Hall, où la disposition en gradins des sièges et l’excellente acoustique permettent de tout voir et tout entendre clairement partout dans la salle. Cependant, si vous n’avez pas pu venir voir le spectacle d’An Laurence, rendez-vous en ligne pour découvrir les artistes et la composition «Chants d’amour»!

An Laurence: http://an-laurence.ca/home 

Eliescha Kaminer: http://elischakaminer.com/ 

La version originale de «Chants d’amour»: https://youtu.be/UdfrJpeKblw?si=WO4XxN8GOQynqDG7

Dans la première partie du concert, le groupe Ensemble Meduse a également fait une prestation du morceau «Pray for Rain». Présentant des thèmes d’histoires familiales et de racines multiculturelles, cette pièce musico-dramatique mêle de la musique enregistrée et des parties jouées live sur l’alto fait par Kate Read, des vidéos de Yesim Tosuner ainsi que la narration en anglais et la dramaturgie de Maria Gaseca.