le Jeudi 15 janvier 2026
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CSFP: Des élections scolaires en attente depuis 2020

Pourquoi n’y a-t-il pas eu d’élections pour le conseil scolaire francophone depuis 2020?

CSFP: Des élections scolaires en attente depuis 2020
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Le 22 novembre 2016, la communauté francophone de Terre-Neuve-et-Labrador vivait un moment historique. En effet, la province organisait pour la première fois des élections directes des membres du conseil scolaire francophone provincial (CSFP). Neuf administrateurs avaient été élus par les parents et les électeurs admissibles pour représenter les différentes zones géographiques et assurer la gouvernance des écoles francophones de toute la province.

Six ans plus tard, aucun autre scrutin n’a été organisé et le conseil fonctionne aujourd’hui avec six sièges pourvus sur neuf.

Un conseil scolaire francophone pour une minorité qui en a besoin.

Le CSFP joue un rôle crucial dans la vie éducative des francophones dans la province. Il gère six écoles réparties entre Happy Valley-Goose Bay, Labrador City, Cap-Saint-Georges, La Grand’Terre et Saint-Jean. Ces établissements scolaires sont les piliers de transmission linguistique et culturelle dans une province où le français est parlé par une très petite proportion de la population.

Selon la loi provinciale, le Conseil doit être composé de neuf administrateurs élus ou nommés conformément à la loi scolaire, la School Act, et aux règlements électoraux. Cette mention, présente dans les rapports annuels, laisse entendre que la nomination est une option possible.

Pourquoi donc ce silence électoral?

Les textes existent, mais leur application semble suspendue du fait de leur opacité et du vide juridique qui en découle. En effet, les règlements prévoient la tenue d’élections lors des journées électorales municipales, à moins que le ministère n’en décide autrement, ce qui laisse une large marge d’interprétation. Aucune durée de mandat fixe ni date régulière n’est établie dans les textes, ce qui renforce l’incertitude quant à l’organisation de nouvelles élections.

La School Act prévoit aussi la possibilité de pourvoir les postes par nomination en cas de besoin. Cette option, bien que légale, peut contribuer à réduire la perception d’urgence quant à la tenue d’élections, puisque le conseil et les autorités disposent d’un mécanisme alternatif pour maintenir le conseil sans recourir au vote.

Une communauté absente?

Au-delà de ces raisons institutionnelles, un autre constat s’impose, qui est celui du manque d’intérêt de la communauté francophone pour la gestion de leurs écoles. En effet, l’examen des différents rapports annuels recensés du CSFP révèle régulièrement des postes vacants au sein du Conseil. Depuis 2023, trois sièges sont vacants au conseil. Et même s’il existe une option nominative, elle n’a pas réussi à pourvoir tous les postes. Il faut se l’avouer, trois sièges manquants témoignent d’un manque évident d’intérêt pour la gouvernance scolaire.

«La démocratie scolaire ne peut fonctionner sans acteurs engagés», souligne à ce sujet Micheal Clair, président du CSFP alors en place depuis la première élection en 2016.

Réveiller la démocratie scolaire

Il est temps d’agir. Le ministère de l’Éducation et le CSFP doivent sortir de l’inertie en mettant en place des règlements électoraux mieux définis. Il faudrait par exemple publier un calendrier électoral et lancer un appel à candidatures. Mais aussi communiquer massivement auprès des ayants droit pour expliquer les règles et l’importance de ces élections. Enfin, clarifier le cadre juridique et les rendre facilement accessibles à tous.

De leur côté, les parents d’élèves et autres acteurs de la communauté francophone doivent s’intéresser à l’administration
scolaire et reprendre la parole: se porter candidats, voter, et participer aux consultations.

Pour une mobilisation plus forte de la communauté francophone, il pourrait devenir indispensable de revendiquer une autonomie électorale avec des directives claires pour mieux rejoindre la communauté. Car, en l’absence d’une gouvernance renouvelée et dûment élue par sa communauté, la gestion demeure questionnée et fragile.

 

CSFP: School board elections pending since 2020

Why haven’t there been any elections for the Francophone school board since 2020?

On November 22, 2016, the Francophone community of Newfoundland and Labrador experienced a historic moment. For the first time, the province held direct elections for members of the Francophone school board, the Conseil scolaire francophone provincial (CSFP). Nine administrators were elected by parents and eligible voters to represent different geographic areas and govern French-language schools across the province.

Six years later, no other elections have been held, and the board currently operates with six of nine seats filled.

A Francophone school board for a minority that needs it

The CSFP plays a crucial role in the educational life of Francophones in the province. It manages six schools located in Happy Valley-Goose Bay, Labrador City, Cape St. George, Mainland, and St. John’s. These schools are the pillars of linguistic and cultural transmission in a province where French is spoken by a very small proportion of the population.

According to provincial law, the school board must be composed of nine administrators elected or appointed in accordance with the School Act and electoral regulations. This statement, which appears in the annual reports, suggests that appointment is a possible option.

Why this electoral silence?

The texts exist, but their application seems to be suspended due to their opacity and the resulting legal vacuum. Indeed, the regulations provide for elections to be held on municipal election days, unless the ministry decides otherwise, which leaves a wide margin for interpretation. No fixed term of office or regular date is established in the texts, which reinforces the uncertainty surrounding the organization of new elections.

The School Act also provides for the possibility of filling positions by appointment if necessary. This option, although legal, may contribute to reducing the perceived urgency of holding elections, since the board and the authorities have an alternative mechanism for maintaining the board without resorting to a vote.

An absent community?

Beyond these institutional reasons, another observation must be made, namely the lack of interest among the Francophone community in managing their schools. Indeed, a review of the various annual reports compiled by the CSFP regularly reveals vacant positions on the school board. Since 2023, three seats have been vacant on the board. And even though there is a nominative option, it has not been possible to fill all the positions. It must be acknowledged that three vacant seats are evidence of a clear lack of interest in school governance.

“School democracy cannot function without committed stakeholders”, says Micheal Clair, president of the CSFP since the first election in 2016.

Reviving school democracy

It is time to take action. The Department of Education and the CSFP must break the deadlock by establishing clearer electoral regulations. For example, an electoral calendar should be published and a call for candidates issued. But they should also communicate extensively with eligible voters to explain the rules and the importance of these elections. Finally, they should clarify the legal framework and make it easily accessible to all.

For their part, parents and other members of the Francophone community must take an interest in school administration and speak up again: stand as candidates, vote, and participate in consultations.

For greater mobilization of the Francophone community, it may become essential to demand electoral autonomy with clear guidelines to better reach the community. Without renewed governance that is duly elected by the community, management remains questionable and fragile.