le Vendredi 30 janvier 2026
le Lundi 26 janvier 2026 7:30 Sports

Au fond du ski de fond

  Courtoisie
Courtoisie

Une aventure hivernale sur environ 300 kilomètres de pistes à suivre.

Au fond du ski de fond
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Coline Tisserand – IJL – Le Gaboteur

Quand Gerry Rideout a débuté le ski de fond dans les années en 1972 à Terre-Neuve-et-Labrador, la discipline n’en était encore qu’à ses balbutiements dans la province. «Quand j’ai commencé, la plupart des clubs n’avaient pas de chalet de ski, peu de pistes avec un équipement d’entretien minimal, pas d’entraîneurs et de compétitions officielles», écrit en anglais celui qui a été le président de Cross Country NL (CCNL) pendant plus de 25 ans.

Depuis, la situation a bien changé pour les adeptes de ski de fond. Des chalets (généralement chauffés!), presque 300 kilomètres de pistes dans toute la province, des motoneiges ou des dameuses pour entretenir les sentiers, une équipe provinciale de ski, la XCNL, mais aussi des cours de ski pour tous les âges: la douzaine de clubs de ski affiliés à la CCNL ont tous bien grandi sous l’impulsion de leurs bénévoles et de leurs membres.

Créée en 1980, l’association dirige, développe et promeut le ski de fond dans toute la province en encourageant «l’excellence, le plaisir et le comportement éthique par le biais de clubs communautaires et de programmes récréatifs et compétitifs qui s’adressent aux skieurs de tous âges et de tous niveaux», peut-on lire en anglais sur son site internet.

Soutenir les clubs communautaires

Le dynamisme et les activités des différents clubs de ski dans la province reposent largement sur l’engagement des bénévoles et le soutien des membres de la communauté de ski de fond, souligne le Franco-Ontarien Shawn Leroux, entraîneur bénévole au club Avalon Nordic, et professeur de biologie à l’Université Memorial. «Pour les entraîneurs, dans notre club, c’est 50-50. Certains sont des parents bénévoles, comme moi, mais il y a aussi quelques entraîneurs, des athlètes [qui sont] payés pour entraîner. Mais tout l’entretien des pistes, comme au parc provincial de Butter Pot, est sur la base du volontariat. C’est vraiment un effort immense!»

Selon Gerry Rideout et Shawn Leroux, l’année 2020 – au plus fort de la pandémie – a été une année faste pour toute la communauté de ski de fond, avec plus de 3800 membres de la CCNL. «C’est à ce moment-là qu’on a eu notre pic, parce qu’on pouvait juste faire des activités à l’extérieur, donc il y avait beaucoup plus de personnes dehors. Je pense qu’en termes de leçons pour les jeunes, on avait probablement le double des inscriptions de ce qu’on a maintenant [au Avalon Nordic Club]», explique le Franco-Ontarien. À titre de comparaison, la CCNL comptait environ 2160 membres en 2025, son nombre le plus bas depuis dix ans.

Inciter les passionnés de ski de fond à payer une adhésion reste un défi pour un sport qui se pratique à l’extérieur et qui dépend des précipitations de neige. «Un challenge, je pense que c’est d’avoir le monde qui aime le ski, de comprendre et de savoir qu’ils ont une contribution à faire. Je pense que nous autres [les clubs], on peut faire plus de travail en termes de communication, mais c’est vraiment au monde qui aime le ski de participer [en payant les droits d’entrée des pistes]», constate monsieur Leroux.

Les cotisations des membres permettent en effet d’apporter un soutien financier non négligeable au club avec lequel ils s’inscrivent, notamment pour les achats d’équipement d’entretien des pistes, l’amélioration des infrastructures, ou encore la bonification des programmes.

Démocratiser la discipline

Plusieurs clubs de la province organisent en effet différents programmes d’apprentissage pour les jeunes et les adultes afin de transmettre les techniques de ski de fond classique et de ski de patin au plus grand nombre. Les cours offerts aux enfants suivent le mandat de Nordic Canada, l’organisme directeur du ski de fond et du ski paranordique au Canada: le programme Jeannot Lapin (Bunny Rabbit) pour les 2 à 5 ans, le programme Jack Rabbit pour les 6 à 9 ans et le programme En piste! (Track Attack) pour les 10 à 12 ans. «Donc à travers le Canada, il y a le même type d’entraînement qui se fait pour les enfants de cet âge-là. […]

Au Avalon Nordic, on a aussi un autre programme pour les 12 à 17 ans qui est assez gros maintenant, avec une vingtaine d’athlètes qui font de l’entraînement à l’année», précise Shawn Leroux, dont les enfants participent à certains de ces programmes. Ces jeunes athlètes peuvent choisir ou non de participer à des compétitions, notamment la NL Cup, une série de courses organisées dans chaque région de la province, mais aussi des compétitions pour rejoindre la XCNL, l’équipe provinciale de ski. Entraînée/coachée par Erik Charron et Leah Dalton, la XCNL se compose cette année de quatorze skieurs de 14 à 21 ans qui suivent des camps d’entraînement hiver comme été pour représenter la province à diverses compétitions, comme les championnats de l’Est, et parfois les championnats nationaux et les Jeux d’hiver du Canada, selon Gerry Rideout.

Entraide et diversité d’approches

Malgré les kilomètres qui les séparent, les clubs de ski de la CCNL collaborent et s’entraident avec la communication, la programmation, les événements et la formation. Par exemple, certains entraîneurs responsables des programmes d’apprentissage de ski dans différents clubs se retrouvent parfois lors d’ateliers, de camps et de formations afin d’échanger sur leurs pratiques. «L’année passée, il y a eu un camp à Clarenville où des entraîneurs de Avalon Nordic ont pu aller apprendre des techniques d’autres [entraîneurs]!», raconte l’entraîneur bénévole Shawn Leroux.

Qu’on soit entraîneur, athlète ou simple amateur, le bénévole rappelle que le ski de fond offre des possibilités pour tous les goûts. «Je pense que c’est important de rappeler que le ski de fond s’adresse à tout le monde, de 2 à 100 ans. Sur les pistes, on se rend vite compte à quel point la diversité est grande! Il existe aussi une diversité d’approches: par exemple, au club Avalon Nordic, on propose des randonnées en forêt pour les plus âgés et on organise des leçons pour les adultes. Peut-être que si plus de gens le savaient, ils aimeraient un peu mieux l’hiver.» Même en tant que grand débutant, n’hésitez plus! Rendez-vous au club de ski le plus proche…. si la neige est toujours au rendez-vous!

Ça bouge en hiver au Labrador

Surnommés les «Jeux olympiques du Nord», les Jeux d’hiver du Labrador réunissent chaque année des centaines d’athlètes dans 14 épreuves différentes, comme les courses de ski de fond et de raquette. L’événement phare reste bien sûr l’épreuve traditionnelle du Labrathon, qui met à l’épreuve les compétences traditionnelles de survie des trappeurs, telles que la le tir à la cible, le sciage de bûches, la pose d’un piège traditionnel, l’utilisation d’un ciseau à glace pour percer un trou dans la glace et la mise en ébullition d’une bouilloire sur un feu ouvert. Organisés depuis 1983, les Jeux ont lieu à Happy Valley-Goose Bay du 8 mars au 14 mars prochain.

Du côté de Labrador City, le Menihek Nordic Ski Club organise le 28 mars prochain la 51e édition du Great Labrador Loppet, une série annuelle de courses de ski de fond et de raquette, pour tous les âges et à tous les niveaux.