« Des interruptions de vols sont survenues de nouveau à l’aéroport de Wabush, ce qui constitue la troisième perturbation majeure depuis octobre 2025. Ce niveau d’interruptions répétées est inacceptable pour notre région et pour les passagers qui dépendent de ce moyen de transport », a confié le député fédéral libéral qui s’est exprimé au sujet de la nouvelle situation problématique survenue au début janvier. « Le récent problème n’était pas lié aux conditions météorologiques au sens habituel, mais plutôt aux opérations de déneigement de l’aérodrome. La ligne centrale de la piste avait été dégagée sur 90 pieds et un NOTAM (Notice to Airmen, ou Avis aux navigants en français, un message essentiel diffusé par les autorités aéronautiques pour informer les pilotes et le personnel navigant de changements temporaires ou non permanents affectant les activités aériennes, de dangers ou de restrictions affectant la navigation comme la fermeture de pistes) avait été émis en conséquence », a expliqué le député qui est lui-même issu du monde de l’aviation.
Selon le politicien, à l’extérieur de cette ligne axiale de 90 pieds, l’état de la surface de la piste était inférieur aux limites réglementaires pour l’atterrissage selon le type d’avion. Conformément aux spécifications d’exploitation du transporteur aérien PAL Airlines, l’aéronef Dash 8-400 (Q-400) doit disposer d’une ligne centrale longitudinale dégagée sur 100 pieds pour pouvoir atterrir légalement, tandis que d’autres types d’appareils exigent une largeur de dégagement différente ou moindre. Par conséquent, l’appareil n’a pas pu atterrir tant que l’axe de piste est demeuré à 90 pieds. Ce n’est qu’en début de soirée que la piste a été élargie à l’envergure requise de 100 pieds, permettant alors à tous les aéroplanes, y compris le Dash 8-400, d’opérer normalement.
Dialogue de sourds
« Les problèmes opérationnels persistants à l’aéroport de Wabush doivent être réglés. J’ai à nouveau communiqué par écrit avec les autorités compétentes afin de rechercher une solution à ces enjeux récurrents. Notre communauté, nos travailleurs et nos entreprises dépendent d’un service aérien fiable et ces interruptions répétées minent la confiance en causant de réelles difficultés aux voyageurs. Je continuerai à suivre ce dossier jusqu’à ce qu’il y ait une clarté, une responsabilité et une solution durable. Nous méritons un service aérien plus sûr et je continuerai d’exiger cette fiabilité de la part de l’exploitant jusqu’à ce qu’elle soit au rendez-vous. Nos attentes sont justes et raisonnables, le service est loin d’être acceptable et un changement s’impose », a conclu le député fédéral libéral.
Opinion dissidente
Un ancien superviseur pour le ministère des Transports du Canada à l’aéroport local, Kirk King, réfute les affirmations et les conclusions de l’élu labradorien qui sont selon lui erronées ou de mauvaise foi. « Avant que PAL fasse l’annonce de l’impossibilité d’atterrir à Wabush pour ses avions, ils l’ont pourtant fait à maintes reprises au préalable sur une piste dégagée de 90 pieds avec un appareil Q-400. Qu’est-ce qui a changé entre ce moment et les jours suivants où les responsables exigeaient une surface d’au moins 100 pieds ? Sans explications plus convaincantes, les passagers lésés ont certainement droit à des indemnisations, car cette décision a été prise par PAL qui a soit mal interprété la réglementation ou commis une erreur. Cet incident n’aurait jamais dû se produire. J’ai en ma possession les preuves de ce que j’avance et c’est avec plaisir que je les partagerai avec quiconque souhaite les obtenir afin de faire une demande de dédommagement auprès du transporteur aérien ou des petites créances », explique ce dernier.
Avec du recul, force est de constater qu’à Wabush, ce n’est pas la glace qui a cloué les avions au sol, c’est plutôt l’absence d’anticipation, de gouvernance robuste et de parole fiable selon le pilote privé Jimmy Delalin qui explique qu’il existe des tensions entre les normes en vigueur et la sécurité. « Le problème n’est plus seulement l’état de la piste, mais l’absence d’alignement entre règles, pratiques et responsabilités et ce décalage finit toujours par pénaliser les passagers. »