le Mardi 11 août 2026
le Lundi 10 août 2026 12:42 Éducation

Des jeunes Terre-Neuviens et Labradoriens moins nombreux à Québec

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Chaque été, le Collège Saint-Charles-Garnier de Québec propose à des adolescents de Terre-Neuve-et-Labrador de traverser le golfe du Saint-Laurent pour vivre très souvent leur première immersion en français au Québec. Mais contrairement à d’autres élèves canadiens, ils ne viennent pas nécessairement avec le programme Explore: c’est plutôt le programme provincial Adventure qui les envoie à Québec pour quatre semaines.

Des jeunes Terre-Neuviens et Labradoriens moins nombreux à Québec
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Le Gaboteur – IJL

Selon Maude-Émilie Têtu, conseillère aux cours privés et en entreprise, au sein du Collège Saint-Charles-Garnier (CSCG), deux Terre-Neuviens sont venus par le programme Explore comparativement à 32 via Adventure. Si le premier programme relève de Patrimoine canadien et est administré par le Conseil des ministres de l’Éducation au Canada, le second relève essentiellement du gouvernement de Terre-Neuve-et-Labrador.

Il est possible pour un ado de Terre-Neuve-et-Labrador de participer au programme d’été du CSCG en postulant auprès d’Explore et d’Adventure. Si Explore est d’une durée de cinq semaines, le programme Adventure en dure quatre. Selon madame Têtu, «souvent, les élèves d’Adventure, en 10e année, choisissent ce programme puisqu’ils ont davantage de chances d’obtenir cette bourse que celle d’Explore. Ils peuvent ensuite présenter une demande au programme Explore, en 11e année, (leur dernière chance), ce qui leur permet de participer à deux programmes d’immersion.» Hormis les frais de transport, le programme Adventure – tout comme Explore – prend en charge l’hébergement et les repas.

Selon les chiffres obtenus de la part du collège québécois, les boursiers de Terre-Neuve-et-Labrador ont chuté de plus de 50% en deux ans. Ils étaient 80 en 2024, 55 en 2025 et 32 cette année. Une explication? Ce n’est pas nécessairement un désintérêt pour l’immersion en français, mais peut-être en raison d’un ensemble de facteurs structurels. Les cohortes scolaires à Terre-Neuve-et-Labrador ont tendance à diminuer depuis quelques années, le coût du transport vers Québec – non couvert par le programme – a fortement augmenté, et les familles semblent privilégier de plus en plus des activités estivales locales plutôt que des séjours de quatre semaines hors de la province. Ensemble, ces éléments peuvent créer un contexte où même un programme fortement financé peine à attirer autant de jeunes qu’avant.

Participe passé et amitié

Si la matinée est réservée à l’apprentissage ou à l’amélioration de la langue de Gilles Vigneault avec des enseignants triés sur le volet, en fonction du niveau de français de chaque élève, les après-midis, ainsi que les soirées et fins de semaine sont consacrés à divers ateliers, des activités sportives ou des découvertes culturelles avec toute une panoplie d’animateurs et d’animatrices.

Jacob Gagnon (Adventure) et Rachel Flynn (Explore), respectivement de Conception Bay South et de Bay Roberts, en sont à leur première expérience au sein du programme du collège québécois. Ils n’ont pas été rebutés par l’idée de parler de figures de style, de pronoms relatifs ou de culture québécoise en plein été.  

Rencontrés à la fin de leur séjour respectif à Québec, qu’est-ce qui a bien pu motiver ces jeunes à venir perfectionner leur français? «Moi ce qui m’intéressait, avoue de manière très sérieuse Jacob Gagnon, c’était de mieux apprendre les règles de grammaire francophone.» Et c’était plus facile en juillet pour celui qui a été classé au niveau des intermédiaires avancés? «Bien, je trouve qu’aller au Québec et avoir des professeurs qui prennent le temps, avec des plus petites classes avec des niveaux plus spécifiques, ça me semble un plus gros avantage.»

De son côté, Rachel Flynn explique sa présence à Québec par le fait qu’elle veut devenir enseignante de français. «Et je pense que c’est le fun!», lance celle qui est au niveau intermédiaire. Son plus beau souvenir de ses cinq semaines? Le fait de s’être fait des amis. Et elle serait prête à revenir si elle obtient l’année prochaine la bourse Adventure.

Il en va de même pour Jacob. Tout heureux de rencontrer un journaliste du Gaboteur, car il avait déjà lu le journal lorsqu’il était à l’élémentaire, à l’École des Grands-Vents – «On avait fait le résumé d’un article!» -, il n’a que des bons mots de son séjour au Québec. «Il y a beaucoup de fun ici, donc, c’est pas déprimant! La motivation est là.» Quant à conseiller l’expérience à d’autres jeunes, il n’y a aucun doute pour lui: «Je recommanderais fortement l’expérience à d’autres personnes qui sont en train d’apprendre le français. C’est bien pour apprendre la francophonie et c’est aussi bien pour apprendre sur soi-même et sur les autres.» Au passage, il salue d’ailleurs le travail de son enseignante, Véronique Miquelon, qui a eu l’idée de mettre au programme des activités autour de différents pays francophones.

Et mis à part les verbes irréguliers, on retient quoi d’autres? «Quand on a été aux chutes Montmorency. Je n’avais jamais vu ça auparavant. C’était amusant», de conclure le jeune francophone de Conception Bay South.