le Samedi 8 août 2026
le Vendredi 7 août 2026 12:34 Arts et culture

Un festival sur nos falaises

Parmi les manœuvres apprises la veille, on pratique sur le sentier Sugar Loaf l’étoile, le crayon et le Peter Pan. — Daniel Griffin
Parmi les manœuvres apprises la veille, on pratique sur le sentier Sugar Loaf l’étoile, le crayon et le Peter Pan.
Daniel Griffin

En pleine nature et dans les rues du centre-ville, lors de la Semaine de Danse verticale (SDV), les falaises et l’architecture qui entourent St. John’s deviennent des pistes de danse. Source d’inspiration pour un futur événement dans la Belle Province, l’édition 2026 du festival a même fait descendre un groupe de danseuses basées à Montréal.

Un festival sur nos falaises
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Julia Carr a commencé la danse verticale en 2009 «avec une peur viscérale des hauteurs», son intérêt pour ce type de danse a persisté. La voici sur une falaise à Quidi Vidi avec le directeur général du Gaboteur, Jérémy Pommier, qui relève le défi pour découvrir cette discipline malgré sa propre peur des hauteurs.

Daniel Griffin

La danse doit-elle toujours être présentée sur une scène ou dans un studio? La Semaine de danse verticale, qui s’est tenue à St. John’s du 26 juillet au 2 août, montre qu’on peut danser presque n’importe où, même sans surface plane horizontale. 

Directrice générale de Neighbourhood Dance Works (NDW), Julia Carr explique en français que «[la danse verticale] élargit notre idée de ce que peut être la danse. Ça combine l’art et la technique et ça transforme des scènes publiques en scènes accessibles où les gens peuvent découvrir la performance par hasard.»

À son avis, Terre-Neuve-et-Labrador est «l’endroit idéal» pour pratiquer la danse verticale. «On a des falaises spectaculaires, un littoral unique et une architecture intéressante. Alors, on a la possibilité d’explorer à la fois des sites naturels et des façades urbaines au centre-ville de St. John’s.»

En collaboration avec l’organisme Cirque’letics, situé à St. John’s, NDW a proposé une variété d’activités pour des danseurs et danseuses de tous niveaux. Suspendus à des cordes de sécurité, les artistes sont montés des falaises et des bâtiments pour en faire une véritable œuvre d’art de leur descente. De la falaise Blood Bath au bord de l’océan à Flatrock jusqu’à l’édifice Atlantic Place sur Water Street, en passant par l’Atrium du musée The Rooms et le sentier Sugar Loaf à Quidi Vidi, madame Carr n’a pas nécessairement choisi ces endroits pour leur nom, qui inspire parfois confiance, mais surtout pour leur beauté naturelle et leur facilité d’accès. 

Interprétation finale du collectif Mouvement Vertical contre l’Atlantic Place sur la rue Water à St. John’s.

John Babb

Participation québécoise

Ayant pour mission d’avancer cette forme d’art à leur manière dans la Belle Province, le collectif Mouvement Vertical, composé de Mathilde Heuzé, Claire Jeannot, Daphnée Sergerie et Natacha Viau, sont descendus jusqu’à St. John’s pour participer à la SDV. «C’est quelque chose aussi [qu’on] aimerait développer, notre festival aussi, pour pouvoir amener du monde à Montréal», explique Mathilde Heuzé.

La prochaine étape pour les danseuses est de se constituer en organisme à but non lucratif. «À Montréal, il n’y a pas de compagnie, il n’y a pas d’endroit pour s’entraîner», dit Claire Jeannot. «Si les gens se mettent ensemble, il y a plus de chances pour qu’ensemble on continue à faire la danse verticale.»

«C’est vraiment notre but de créer des spectacles, de composer des workshops aussi, aussi de créer une communauté autant de spectateurs que de praticiens autour de la discipline à Montréal», ajoute-t-elle.

Après une semaine complète d’ateliers, les artistes de danse ont conclu le festival en montant les 35 mètres de l’Atlantic Place sur la rue Water, d’où on a ensuite descendu avec des mouvements gracieux et surprenants devant un public captivé.

Si le festival sert de source d’inspiration pour les artistes du Québec, les paysages naturels et artistiques de la ville séduisent les danseuses pendant leur séjour. «C’est fun de voir qu’il y a quand même une communauté artistique malgré que c’est pas une énorme ville», commente Natacha Viau. «Il y a quelque chose de très calme, très apaisant dans le rythme dans ce genre de lieu aussi plus petit […] ça amène quelque chose un peu ralenti, mais il y a quand même des communautés artistiques qui se tiennent.»