le Mercredi 8 juillet 2026
le Mercredi 8 juillet 2026 8:00 Jeunesse

Les réseaux sociaux interdits aux moins de 16 ans : ce que pensent les jeunes de TNL

  Vitaly Gariev (Unsplash)
Vitaly Gariev (Unsplash)

Le gouvernement fédéral, avec le soutien de plusieurs provinces incluant Terre-Neuve-et-Labrador, envisage d'interdire l’accès aux réseaux sociaux aux jeunes de moins de 16 ans. Ce projet de loi, qui vise à rendre les plateformes numériques plus sécuritaires, suscite déjà beaucoup de réactions.

Les réseaux sociaux interdits aux moins de 16 ans : ce que pensent les jeunes de TNL
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Selon le gouvernement du Canada, l’objectif est de mieux protéger les jeunes contre la cyberintimidation, les contenus nuisibles et les effets négatifs liés à l’utilisation excessive des réseaux sociaux. Dans la vraie vie, presque tout le monde utilise au moins une plateforme comme TikTok, Snapchat ou Instagram pour parler à ses amis, suivre des créateurs ou simplement pour faire passer le temps. Donc, forcément, une interdiction complète change beaucoup plus de choses que l’on pourrait penser au début. 

J’ai parlé avec quelques jeunes de mon entourage impliqués dans la communauté francophone, notamment avec Franco-Jeunes TNL (FJ-TNL), pour avoir leur point de vue. On a communiqué à distance par texto et sur les réseaux sociaux Snapchat et Instagram pour faire les entrevues. Je trouvais ça intéressant parce que ça montre déjà à quel point ces plateformes font partie de la façon dont les jeunes communiquent aujourd’hui, surtout dans une province où les communautés sont parfois très éloignées. 

Meaghan Lee, originaire du Labrador et étudiante à l’Université de Moncton, est aussi secrétaire-trésorière de FJ-TNL. Elle habite à environ 1 700 km de chez moi. Elle dit comprendre l’idée derrière la loi, mais elle pense qu’une interdiction totale serait trop extrême. Selon elle, les réseaux sociaux restent un des moyens les plus simples pour rester en contact avec des amis, pour organiser des activités et pour suivre ce qui se passe dans la communauté, surtout quand on n’habite pas toujours près de tout. 

Sophia Laney, représentante de la côte ouest au sein de FJ-TNL, qui habite à Cap-Saint-Georges à environ 600 km de chez moi, partage l’avis de Meaghan. Elle dit que les réseaux sociaux peuvent clairement avoir des effets négatifs, tels que la pression sociale ou le fait de comparer sa vie à celle des autres. Mais en même temps, elle trouve qu’ils sont utiles pour s’organiser, communiquer rapidement et participer à des projets jeunesse. 

Quand j’en ai parlé avec elles, on était toutes d’accord sur une chose: les réseaux sociaux font maintenant partie de la vie normale des jeunes. Ce n’est pas juste du divertissement, c’est aussi un outil de communication et d’organisation. 

Selon Radio-Canada, le projet de loi fédéral propose un âge minimum de 16 ans pour créer un compte sur les réseaux sociaux, mais plusieurs détails restent encore «flous», surtout sur la façon dont les plateformes pourraient vérifier l’âge des utilisateurs. 

Personnellement, je comprends les deux côtés. Il m’est déjà arrivé de scroller sur mon téléphone pendant «juste cinq minutes» et de me rendre compte une heure plus tard que j’avais complètement perdu le temps. Mais en même temps, c’est aussi comme ça que je reste en contact avec mes amis. Sur les réseaux sociaux, je regarde les photos de mes amis ensemble,  je trouve des événements ou des activités à faire l’été, je vois des informations et  je me tiens au courant de choses importantes ou même d’événements scolaires. Je les utilise aussi parfois pour suivre l’actualité ou pour voir ce que certaines pages publient, donc ça influence aussi ma façon de voir ce débat. 

Finalement, ce débat est compliqué parce qu’il touche tout le monde différemment. Certains voient surtout les dangers, d’autres voient surtout les avantages, et la plupart des jeunes sont quelque part entre les deux. Ce qui est sûr, c’est que si une loi comme celle-là avance, les jeunes devraient être consultés davantage, parce que ce sont eux qui l’utilisent au quotidien.